Drones espions et piratage informatique : la production de la Tesla Model 3 déchaîne les passions
Reculer pour mieux sauter ? Tesla a temporairement suspendu la production de sa berline Model 3 pendant une semaine à la fin du mois de février, un événement programmé qui a pour but, à terme, d'augmenter la vitesse d'assemblage en améliorant les lignes et réguler l'arrivage des pièces détachées en provenance des équipementiers. Rien d'anormal selon un porte-parole de la marque ni même pour Wall Street puisque l'action TSLA était encore en hausse de 5,61 % hier à la fermeture. Pourtant, le constructeur de Palo Alto reste encore très éloigné des objectifs hebdomadaires qu'il s'est fixé pour la fin du mois, tablant sur 2 500 Model 3 quand les estimations pour la semaine dernière dépassent à peine les 700 selon Bloomberg.
Comme tout ce qui semble tourner autour de Tesla, de son patron Elon Musk et de toutes ses activités annexes, ces chiffres de production déclenchent des passions étonnantes, que ce soit chez les 500 000 clients attendant que leur réservation soit honorée, la presse, les spéculateurs boursiers ou simplement les fanatiques de la marque. Certains lancent des drones au-dessus de l'usine de Fremont, en Californie, pour inspecter les parkings, d'autres analysent les images satellites, les photos sur les réseaux sociaux, les numéros de série ou encore les bons de commande de pièces détachées.
Par exemple, Bozi Tatarevic, journaliste œuvrant notamment chez Road and Track et Jalopnik, a eu vent des déboires de production de Tesla dès décembre dernier en inspectant les enregistrements d'importations de pièces détachées de Tesla en provenance de l'étranger en se concentrant sur les enjoliveurs et les batteries d'accessoire 12 volts. En divisant le poids des palettes par celui des pièces, il a ainsi obtenu le chiffre maximum de Model 3 qui pouvaient être produites, chiffre qui était en dessous des prévisions de la marque à l'époque. En surveillant les numéros de série des véhicules (appelés VIN aux États-Unis) qui sont systématiquement enregistrés auprès de l'agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière (NHTSA), il a aussi pu déterminer avec précision combien parmi eux avait été déposés en 2017 mais inutilisés avant d'être basculés pour 2018, obtenant ainsi un chiffre de production très proche de celui que Tesla a fini par dévoiler.
Une telle méthode nécessite cependant une consultation manuelle en ligne, mais un petit malin, Alex Halcomb, informaticien attendant la livraison de sa Model 3 bleue et ayant investi toutes ses économies en action Tesla, a vite trouvé une méthode pour l'automatiser. Il a fallu cependant franchir la barrière des captchas dressée par le site de la NHTSA, ce qu'Alex est parvenu à faire en se reposant sur une vulnérabilité informatique dans la façon qu'a la NHTSA de communiquer avec les manufacturiers. Il est même parvenu à créer un bot Twitter, @Model3VINs, qui se charge d'alerter ses plus de 2 000 abonnés à chaque fois que Tesla enregistre de nouveaux numéros de série de Model 3.
Source : Bloomberg
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