2. Essai - Piaggio MP3 530 Exclusive (2022) : le bon compromis ?
Outre sa plastique cossue, moderne et sportive, le MP3 accueille en son cœur un monocylindre cubant désormais à 530 cm3. S’il conserve une puissance équivalente par rapport à l’ancien bloc 500 cm3, il se montre particulièrement agréable à l’usage. Une pression sur le démarreur suffit à lancer la cavalerie, la première impression donne lieu à une sonorité plus douce et moins ‘’cagneuse’’ à l’arrêt que par le passé. Trois modes de conduite sont disponibles (Eco, Confort, Sport), le mode confort suffit amplement pour une utilisation quotidienne en ville et sur les voies rapides. Il répond promptement dès la moindre sollicitation de la poignée des gaz, mais il épate surtout par son impressionnante linéarité dans les montées en régime. Grâce à sa transmission par carter humide, aucun à-coup n’est à déplorer en ville où les phases d’accélérations et de décélérations se multiplient. Mais il faut bien avouer que son terrain de prédilection reste les grands espaces. Les larges carénages favorisent la protection tout en limitant les perturbations aérodynamiques lorsque l’horizon se dégage. L’imposante bulle de série n’obstrue pas le champ de vision à condition de ne pas dépasser les 1m70 à la toise. Dans le cas contraire, le haut de la bulle sera pile poil au milieu de la visière, rien de rédhibitoire mais cela peut s’avérer tout de même gênant à la longue. Sur le plan de la consommation, difficile de relever une mesure réelle durant notre petit galop d’essai, cependant, nous pouvons tabler entre 5 et 6 litres/100 km selon la conduite adoptée.
Le travail porté sur le balancier avant constitue la très belle surprise de ce millésime. Nous avions en tête un train lourd, pataud à basse vitesse et remuant sur autoroute une fois la vitesse réglementaire atteinte. Et bien là, il faut louer les progrès dans ce domaine : les modifications apportées à l’ensemble du parallélogramme et le changement des amortisseurs à l’avant ont transfiguré le comportement dynamique. Grâce à une légère perte de poids et à la migration du radiateur vers le tablier, le MP3 jouit d’une meilleure répartition des masses. Cela engendre une inscription en courbe incisive sans être brutale, des demi-tours effectués presque dans un mouchoir de poche et, cerise sur le gâteau, l’engin fait preuve d’une maniabilité redoutable en ville sans appréhension. Autre motif de satisfaction, le véhicule calé à 130 km/h sur autoroute reste rivé sur sa trajectoire, ce qui n’était pas le cas sur l’ancien modèle où la sensation de guidonnage était fort désagréable, voire dangereuse. Petit bémol, les suspensions demeurent encore fermes et le train avant sautille encore sur les portions accidentées. Le MP3 530 cm3 bénéficie bien entendu de l’antipatinage déconnectable de série. Ce dernier est peu intrusif si l’on se montre docile sur la poignée des gaz, mais rassure lorsque les conditions météorologiques tendent à se corser. Enfin, le système de freinage comporte un ABS à trois canaux performant avec un très bon feeling aux leviers. Malheureusement, la pédale au pied droit qui diffuse la puissance aux trois disques demeure toujours aussi mal placée, même si les acquéreurs se focaliseront sur les leviers.
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