Mercedes : la bourse trop gourmande ?
Cette semaine, Mercedes a annoncé ses excellents résultats financiers dans une période troublée par le scandale Volkswagen et le relatif ralentissement de l’économie chinoise. Une réussite qui aurait dû être logiquement saluée par des places boursières que l’on voyait prêtes à cajoler l’action de l’étoile. Pourtant, c’est tout le contraire qui s’est produit. Pourquoi ? Il faut croire que le poids des mots compte plus que la réalité des chiffres.
La bourse est-elle encore une place où l’on y réfléchit et où la rationalité y a un tantinet encore mise ? On peut s’interroger avec ce cas Mercedes. Voilà une entreprise qui annonce un bilan sans faille et une solidité qui fait plaisir à voir dans une automobile attaquée sur ses normes antipollution et à la merci d’un marché chinois versatile. Concernant ce dernier point, dans une conjoncture marqué par la perte de vitesse de la croissance dans l'Empire du Milieu, le groupe Daimler, dont Mercedes fait partie, y a vendu l'an dernier 41% de voitures de plus qu'en 2014.
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si le patron Dieter Zetsche ne s’était laissé aller à une analyse objective de la situation, à une franchise que les indicateurs favorables autorisaient : « l'environnement économique mondial recèle plus de risques que de chances » a déclaré M. Zetsche. « Le taux de croissance en Chine va être plus modéré ». Et d’envisager une hausse en volume du marché automobile de l'ordre de 3% à 4% cette année puisqu’il s’agira d’investir massivement, dans la numérisation, dans l'électrique tout en assumant la transition du modèle classe E.
Une prudence affichée qui n’a pas été appréciée par les investisseurs. Après ces propos, l'action Daimler perdait 3,87% à 60,53 euros à la Bourse de Francfort, bonne dernière du Dax, parce que « les prévisions doivent être considérées comme conservatrices » selon les analystes. Une frilosité incomprise du patron de Mercedes qui se défend : « je ne vois pas de tonalité prudente dans les pronostics. Après un record absolu nous prévoyons une nouvelle progression ». Certes, mais la spéculation à ses raison que la raison ne connait pas.
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