Nissan Newbird : une magnifique Bluebird de 1986 convertie à l'électrique avec moteur et batterie de Leaf !
Tout le monde est maintenant, je l'imagine, familier avec le rétrofit, terme qui désigne l'opération visant à électrifier un modèle d'occasion sorti de l'usine avec une mécanique thermique. Cela a été brièvement vu comme une façon plus abordable de devenir propriétaire d'une voiture électrique plutôt que de se rendre dans une concession et d'en acheter une neuve. « Un temps » seulement puisque, après l'engouement de la publication du décret paru au Journal Officiel autorisant l'opération et la possibilité de bénéficier d'une prime à la conversion allant jusqu'à 5 000 €, le soufflé est retombé pour plusieurs raisons.
La première est qu'il faut forcément se tourner vers un professionnel agréé : pas question en effet de bricoler votre petit projet au fond de votre garage, ce qui semble plutôt logique pour des raisons de sécurité, la vôtre dans un premier temps. Mais la facture s'élève alors très rapidement, au point de largement dépasser celle d'une voiture électrique d'occasion et même neuve suivant vos besoins en matière d'autonomie. La fourchette annoncée est colossale puisque l'on parle d'un montant minimum de 8 000 € pouvant grimper jusqu'à plus de 50 000 €. De plus, l'opération est extrêmement limitée techniquement : la puissance électrique finale doit être proche de la thermique initiale, la masse à vide en ordre de marche ne doit pas enfler de plus de 20% et la répartition des masses doit restée la même à 10 % près. Enfin, l'homologation, extrêmement onéreuse, se faisant par modèle, vous n'aurez qu'un choix de base très restreint.
Le choix de la Bluebird peut paraître étonnant à première vue mais trouve son origine dans l'histoire de l'usine de Sunderland.
Est-ce que la Nissan Bluebird T12, produite de 1986 à 1990, en fait partie ? Non, sans le moindre doute, surtout que la plupart a dû être décimée dans l'Hexagone par les différentes vagues de primes à la casse. Mais cela n'a pas empêché Nissan UK d'en commander une conversion électrique au spécialiste Kinghorn, la réglementation automobile étant (bien) plus permissive outre-Manche. Le modèle, rebaptisé Newbird après l'opération, n'a pas été choisi par hasard puisqu'il s'agit du tout premier sorti des usines de Sunderland il y a précisément 35 ans, un beau cadeau d'anniversaire qui incarne ainsi parfaitement le passé et le futur du site.
L'extérieur qui symbolise parfaitement l'esthétique automobile des années 80 a été préservé.
Sans surprise puisque c'est là où elle est produite, c'est la Nissan Leaf qui fournit moteur, onduleur et batterie de 40 kWh, les 24 modules de cette dernière ayant été répartis entre le compartiment moteur et le coffre pour préserver la répartition des masses d'origine. Direction assistée, freinage, chauffage et suspensions ont été bien évidemment revus pour s'accorder au nouveau mode de propulsion.
Le moteur reste sous le capot et les modules de la batterie sont répartis pour préserver la répartition des masses.
Le constructeur japonais se montre un peu avare en données techniques au sujet de cette création unique mais on sait toutefois que la charge fait l'impasse sur le courant continu de la Leaf qui grimpe jusqu'à 50 kW via sa prise ChaDeMo et se limite donc à 6,6 kW (via une prise type 2 prenant place sous l'ancienne trappe à carburant), ce qui entraîne un temps de charge compris entre environ 21 heures sur secteur et 7h30 sur Wallbox en 32A. L'autonomie est estimée à plus de 200 km contre 285 km selon la norme WLTP pour la Leaf 40 kW tandis que le 0 à 100 km/h est annoncé en « un peu moins de 15 secondes ». C'est quasiment deux fois que le temps requis par la donneuse d'organes, ce qui laisse penser que certains des 150 chevaux fournis par le moteur EM 57 d'origine manquent à l'appel.
Si l'intérieur ne change quasiment pas, quelques concessions ont été faites en matière de volume de coffre pour accueillir une partie des modules de la batterie.
Pour l'extérieur, Nissan a eu le bon goût de préserver la ligne de la Bluebird fleurant bon les années 80, se contentant de rajouter quelques stickers semblant tout à fait d'époque et, en guise de clin d’œil à ce qui se cache désormais sous le capot, un logo Nissan rétroéclairé par des LEDs.
Et si vous aviez le champ totalement libre pour effectuer un tel mariage, quel paire issue d'un même constructeur associerez-vous ?
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