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Intelligence artificielle : l'automobile au sommet

Dans Economie / Politique / Industrie

Michel Holtz

L'INFO DU JOUR - Alors que s’ouvre, ce 10 février, le sommet de l’IA à Paris, ou la France et l’Europe tentent de rattraper leur retard sur les États-Unis et la Chine, l’industrie automobile est au centre de cette bataille intercontinentale. Décryptage.

Intelligence artificielle : l'automobile au sommet

Les chiffres et les annonces s’accumulent depuis quelques semaines. Donald Trump entend mettre 500 milliards de dollars sur la table pour développer l’IA américaine quand de son côté, plus modestement, Emmanuel Macron vient d’annoncer un investissement de 109 milliards d'euros pour la France, histoire de tenter de rattraper le retard accumulé sur les US et la Chine. Mais même si l’hexagone est le premier pays en la matière sur le vieux continent, la différence des forces en présence reste abyssale.

Au milieu de cette guerre, et au-delà des chatbots aujourd’hui généralisés sur les PC et les smartphones, un secteur joue un rôle important dans le développement de l’IA mondial : l’automobile.

L'IA au-delà du gadget

Si pour le consommateur, cette intelligence artificielle est surtout visible au travers des commandes vocales qui pullulent dans les autos récentes, et permettent de trouver son chemin ou le bon petit resto pour la pause de midi, l’enjeu pour les marques est beaucoup plus important.

Cette IA est aussi en première ligne dans toutes les aides à la conduite, et le futur de la voiture autonome. Mais aujourd’hui, la bataille de l’intelligence artificielle, au sein des états-majors des grands groupes de l’automobile, est avant tout un accélérateur de temps de développement.

Il y a quelques années encore il fallait quatre ans pour développer une auto, de la première esquisse à la mise en production en usine. Les groupes Chinois et Tesla ont été les premiers à revendiquer la même performance en deux ans, piquant au vif les constructeurs européens.

Aujourd’hui, Stellantis se targue de finaliser ses projets en deux ans et demi. Mais depuis quelques jours, avec l’annonce d’un accord avec Mistral AI, la fameuse start-up française fondée par Arthur Mensch, un ancien d’Openmind, le département IA de Google, la galaxie de 14 marques espère rentrer dans le club select des deux ans. 

Luc Julia, monsieur IA chez Renault. Crédit photo : PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
Luc Julia, monsieur IA chez Renault. Crédit photo : PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Un club que Luca de Meo affirme avoir rejoint il y a quelques mois, expliquant que la future Twingo électrique a été développée dans ce délai ultracourt, grâce notamment à un logiciel développé en interne avec l’appui d’Open AI (la boîte américaine qui a conçu ChatGPT) et à l'équipe du losange baptisée ACDC (Advanced China Development Center) installée à Shanghaï. 

Le fait de gagner quelques mois de développement n’est pas seulement une question d’orgueil pour les marques. Chez Stellantis, on affirme pouvoir gagner 20 milliards de dollars en passant à deux ans de développement d’ici 2030.

La course est donc cruciale et fait rage parmi les constructeurs. Mais c’est aussi et surtout grâce aux hommes qui la mènent qu’elle peut être gagnée, avec l’aide des stars de la tech qui ont rejoint l’automobile. C’est le cas de Luc Julia, embauché par Luca de Meo peu de temps après son arrivée à la tête du losange. Loin d’être un inconnu, Julia est le co-créateur de Siri, qui est, finalement, l’une des premières applications grand public de l’intelligence artificielle ; c’est lui qui engrange les contrats avec les boîtes de la Silicon Valley, au-delà d’Open AI, puisque des accords ont été conclus avec Google.

Les hommes de la tech à la manœuvre chez les constructeurs

Côté Stellantis, la valse des dirigeants, une spécialité maison, a sévi dans le domaine des logiciels également. Yves Bonnefont, en charge de cette division pendant plusieurs années, et ancien patron de DS, est sur le départ et paie, notamment, les bugs de la nouvelle Citroën C3. À sa place, on retrouve un pur et dur de la tech, même s’il n’est pas très éloigné du sérail automobile. Il s’agit de Ned Curic. Cet ancien d’Amazon, ou il était notamment en charge d’Alexa, est aussi passé chez Toyota

Il est à la tête de 6 000 ingénieurs qui travaillent à ses côtés à Detroit et il vient de signer l’accord avec Mistral AI. Mais les relations américano-européennes étant ce qu’elles sont, et l’administration Trump faisant du protectionnisme son fer de lance, Curic a également passé un accord avec Amazon, son ex-employeur. Et le big boss John Elkann étant désormais intégré au conseil d’administration de Meta, il n’est pas improbable que l’empire Zuckerberg soit lui aussi impliqué un jour ou l’autre dans les logiciels de Stellantis.

De là à dire que le contrat qui lie le groupe à la start-up française ne soit pas prépondérant, il n’y a qu’un pas. La tech est peut-être un univers technologique, c’est aussi (surtout ?) une cause éminemment politique et géopolitique.

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