Les assurances vont devoir assurer leur avenir
Entre la voiture connectée, la nouvelle culture du partage automobile et le trajet à présent multimodal, ce n’est rien de dire que les sociétés d’Assurances sont contraintes de s’adapter. Le tout pour assurer un avenir qui se conjuguera bientôt avec l’engin autonome. Elles y travaillent et elles ont déjà des offres.
Jusque-là, l’équation était simple : le contrat d'assurance était permanent et les véhicules n'étaient utilisés que 5 % du temps. La tendance qui s’affirme à présent au travers de la nouvelle mobilité est un usage intensif par plusieurs personnes que l'on ne connaît pas et sur des durées très courtes. Soit tout le contraire. Il faut donc comprendre et s’adapter. C’est même une question de survie : 60 % du chiffre d'affaires des assurances concerne pour l'instant l'assurance automobile. Or, avec l’arrivée annoncée de la voiture autonome, 80 à 90 % de l’activité automobile disparaîtront, en même temps que la sinistralité.
Alors, chronique d’une mort annoncée pour ce secteur d’activité ? Que nenni. Pour préparer la suite, les compagnies d’Assurances investissent massivement dans les nouvelles mobilités. Avec cette ambition : la voiture sans conducteur ne sera pas une voiture sans assurance. La révolution culturelle commence par un aguerrissement et un investissement dans le véhicule connecté et les nouvelles mobilités partagées pour se préparer à l'arrivée de la voiture sans chauffeur. Il faut clairement replacer l'assurance dans la chaîne de valeur de la mobilité.
D’où des investissements massifs dans les start-up. Ici il s’agit de définir une assurance de trajets multimodaux dans le développement d’une application permettant de lire l'agenda et de consulter la météo pour proposer automatiquement un itinéraire multimodal adapté. L'utilisateur souscrit alors automatiquement à un service d'assurance et d'assistance qui lui garantissent d'arriver à bon port. Là, c’est l'autopartage lié un boîtier connecté qui est privilégié. Ce dernier permet de déverrouiller et de faire démarrer la voiture louée grâce à un badge ou à son smartphone et évite l'échange de clés entre les utilisateurs. Ailleurs on investit dans les start-up spécialisées dans le parking partagé automatisé, dans la location de voiture ou de camping-cars entre voyageurs ou encore dans la location entre particuliers de véhicules adaptés aux personnes à mobilité réduite.
À chaque fois, ce sont des millions d’euros qui sont déboursés par les sociétés d’Assurances. Une démarche qui ferait passer les offres en cours du « pay as you drive » ou » pay how you drive » comme appartenant déjà au passé. On rappellera qu’il s’agit d’utiliser le boîtier connecté à la prise diagnostic du véhicule, de récupérer leurs données de conduite pour offrir des conseils personnalisés de prévention, de réduire la consommation, mais aussi de suggérer la bonne conduite qui impactera sur le tarif.
Les Assurances sont donc à la croisée des chemins. Elles travaillent sur des directions et elles défrichent des parcours pour en faire leur voie de développement de demain. Jusque-là, elles misaient sur la relation client. Or ce dernier se noie dans un ensemble de services et applique une philosophie de déplacement qui ne le rende plus identifiable. C’est un avantage compétitif qui est perdu. En attendant une vraie définition de la prochaine notion de responsabilité et la complexité qu’il y aura à assumer une cohabitation entre nouvelle et ancienne génération de véhicules, les Assurances prennent date dans ce que seront les déplacements de demain.
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