2. Audi Q8 e-tron restylé (2023) - Sur la route : un parpaing confortable, mais glouton
C'est donc au volant d'une version 55 de 408 ch que notre essai est effectué. Comme nous l'avosn dit, Audi n'a rien changé au châssis du Q8 e-tron par rapport à l'e-tron. Mais le poids a tout de même quelque peu augmenté avec l'augmentation de capacité de la batterie (+ 28 kg seulement).
On a donc entre les mains un SUV d'un gabarit maousse costaud (4,91 m de long, 1,93 m de large), et dont le poids élevé se ressent immédiatement à la conduite. Au premier virage abordé un peu vite ou au premier freinage un peu fort, on se rend compte que ce n'est pas une Clio qu'on a entre les mains. Malgré les gros pneus, le grip est mis à mal par la masse, et le Q8 e-tron élargit très vite ses trajectoires. Si on met trop vite du gaz en sortie de courbe, le risque est de glisser des quatre roues et de partir tout droit. Même l'ESP a un peu de mal à gérer les limites de la physique.
Cependant, à rythme plus tranquille, la direction est agréable et la précision appréciable. Et le diamètre de braquage est bon, ce qui rend les manoeuvres aisées malgré le gabarit.
Concernant l'autonomie, oui, évidemment, elle a augmenté. La phase 1 autorisait à peu près 350 km en condition réelle, et on peut désormais espérer atteindre les 400 km en conduite traditionnelle. Nous avons obtenu une consommation moyenne de 27 kWh sans chercher à économiser la batterie, ce qui donne 392 km d'autonomie théorique avec les 106 kWh de capacité nette de notre version d'essai 55 e-tron. En mode "tortue roulante", difficile de tomber sous les 23 kWh de moyenne, soit au maximum 460 km, sans emprunter un seul km d'autoroute. Un peu décevant par rapport aux 532 km annoncés en mixte WLTP, toutefois.
Et en mode "bourrin", en profitant de la puissance disponible, on grimpe allègrement à plus de 33 kWh/100. L'efficience n'est donc pas son fort. Nous avons par exemple observé lors de l'essai du BMW iX50 de 523 ch une consommation moyenne de 20 kWh/100 km. Son autonomie est donc bien meilleure. Et ce sera certainement aussi le cas du Mercedes EQE SUV, bientôt à l'essai sur Caradisiac, puisque l'on sait Mercedes très doué sur cet aspect.
Le confort en bon point
En termes de comportement, le confort est de mise dans la plupart des situations, sauf sur les saignées de la route, ou les nids de poule, où l'on confirme que les jantes de 21 pouces ne sont pas celles qui filtrent le mieux ce type d'obstacle.
Le freinage est lui aussi un peu troublant, car il faut appuyer très fort pour obtenir de franches décélérations. Tout aussi troublant, les rétroviseurs caméra, auxquels je n'ai pas réussi à me faire.
Les performances sont de leur côté certes consistantes, avec un 0 à 100 km/h en 5,6 secondes, mais on n'est pas impressionné par rapport aux 408 ch affichés. Encore la faute au poids, évidemment...
Restent les bons points sur la filtration des bruits, de roulement, d'air, un intéressant et efficace système de récupération d'énergie en mode automatique, qui module la récupération, et donc le freinage en fonction du profil de la route et des voitures de devant : si elles freinent, le Q8 e-tron freine plus fort (en fait récupère plus). Les aides à la conduite sont aussi efficaces et pas trop intrusives.
Pour résumer, une auto agréable, mais ni la plus performante, ni la plus efficiente, ni la meilleure freineuse, etc. Vous aurez compris, ça va être compliqué pour elle face aux Mercedes EQE SUV ou BMW iX...
Photos (62)
Sommaire
Déposer un commentaire
Alerte de modération
Alerte de modération