2. Le Skoda Enyaq 85 est lourd mais relativement sobre

Skoda a réduit les combinaisons moteur/batteries de son SUV en France. Désormais l’offre s’oriente autour du nouveau moteur APP550 proposé en deux ou 4 roues motrices. Curieusement, dans les deux cas la puissance est de 286 ch. Ces deux versions sont alimentées par une seule batterie de 77 kWh (capacité nette) à la gestion thermique revue.
L’Enyaq 85 propulsion affiche une autonomie de 581 (WLTP) et 591 km pour la carrosserie coupé à l’aérodynamique plus soignée. La version à quatre roues motrices, appelée 85X, elle garantit un rayon d’action de 559 km (567 km pour le coupé). Elle offre les mêmes performances avec une V-Max de 180 km/h et un 0 à 100 km/h identique. Sa seule valeur ajoutée, en dehors d’offrir 4 roues motrices, est sa puissance de recharge en courant continu (DC) supérieure. Cette dernière grimpe à 175 kW quand L’Enyaq propulsion doit se contenter de 135 kW.
Puissance et autonomie en hausse
Le couple maximal en nette hausse (passant de 310 à 550 Nm) se traduit par des accélérations musclées, que ce soit en position départ arrêté ou à vitesse élevée. Malgré son poids toujours important (2 137 kg pour notre version d’essai), l’Enyaq 85 conserve une grosse réserve de puissance pour doubler ou se sortir de situations délicates. Le tchèque change de catégorie, offrant davantage de peps.
Pour alimenter ce nouveau moteur plus efficient, Skoda a également modifié la batterie haute tension. Si la capacité utile ne bouge pas (77 kWh) sa gestion thermique, elle, oui. Ainsi, l’Enyaq 85 voit son autonomie mixte grimper à 570 kilomètres (550 km sur la version 85X). De quoi soutenir la comparaison avec sa concurrente directe, la Tesla Model Y.

Les conditions de notre essai, réalisé au coeur du massif de la Šumava en Bohême du Sud, ne reflètent pas un usage habituel dans nos contrées. Nous avons ainsi observé une consommation moyenne de 19,4 kWh/100 km, sans pratiquer l’éco-conduite sur l'ensemble de notre parcours mêlant routes de montagne et autoroute, par une température de 4°C.
Dans ces conditions, le rayon d’action flirte avec les 400 km, ce qui s'avère très correct pour ce format de véhicule. Nous ne manquerons pas de réaliser un test d’autonomie ultérieurement sur notre parcours type pour évaluer plus précisément quels sont les niveaux de consommation de l’Enyaq 85 dans des conditions plus "classiques".

Le SUV de Skoda propose un système de récupération d'énergie ludique et assez évolué qui comprend 4 niveaux. Ce dernier va de la roue libre à la conduite quasiment à une pédale (il faut encore freiner pour s'arrêter totalement). Ces niveaux peuvent être sélectionnés automatiquement par le système de la voiture. Lié à la navigation, il adapte la récupération en fonction du trafic et du relief.
Toutes les versions de l’Enyaq gagnent le système de pré-conditionnement des batteries déployé sur l’ensemble des électriques du groupe Volkswagen. Cette fonction, testée durant notre essai, s’active automatiquement en entrant un itinéraire vers un chargeur rapide dans le système de navigation ou manuellement via l’écran central tactile. Dans ce cas, le système informe le conducteur sur le temps nécessaire pour que la puissance de recharge soit optimale.


Ces améliorations sont complétées par un facteur important pour les longs voyages : la recharge rapide. La puissance passe de 135 à 175 kW pour réduire encore le temps d’attente. Attention cette amélioration ne concerne que la version 85X. La version à deux roues motrices conserve une puissance de recharge maxi de 135 kW.

Nous avons eu l’occasion de vérifier les performances de recharge de l’Enyaq dans une station Schell, en activant manuellement le pré-chauffage de la batterie. En arrivant à la station avec 47%, une réserve encore importante pour profiter d'une vitesse optimale, nous avons observé une puissance de 75 kW, sans trop de variations jusqu'à 80%. On est certes loin des 135 kW annoncés mais dans notre cas le temps d'attente à la borne pour passer de 47 à 80 % aura été de 18 minutes. Notez enfin que Skoda propose une pompe à chaleur mais uniquement en option (1 200 €).
Le dynamisme est réel si l'on considère toujours le poids élevé du Tchèque lorsqu’un virage serré se présente. Il faudra toujours un minimum anticiper à la direction et au freinage. Mais globalement, le train avant est précis, l’arrière est posé sur un rail et les transferts de masses sont bien compensés. Le comportement de l’Enyaq est sain, prévenant et rassurant.
Il est possible et d’opter pour le pack « Maxx », amenant avec lui de nombreuses technologies (affichage tête haute à réalité augmentée, stationnement à distance, etc.) et notamment les suspensions pilotées précieuses pour apporter davantage de confort sur les versions équipées de grosses jantes. Ce pack est facturé 3 490 €. La pédale de frein servant au freinage régénératif offre une sensation plutôt naturelle et s'avère facile à doser. Sur autoroute où à vitesse stabilisée sur le réseau secondaire, l’Enyaq est dans son élément filant en silence et délivrant un excellent niveau de confort.
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